Citations : No et moi – Delphine de Vigan

Ici, toutes les citations de No et moi de Delphine de Vigan.

 


¤ Dans les gares, c’est autre chose, l’émotion se devine dans les regards, les gestes, les mouvements, il y a les amoureux qui se quittent, les mamies qui repartent, les dames avec de grands manteaux qui abandonnent des hommes au col relevé, ou l’inverse, j’observe ces gens qui s’en vont, on ne sais pas où, ni pourquoi, ni pour combien de temps.


¤ Les nombres demeurent une abstraction et le zéro ne dis ni l’absence ni le chagrin.


¤ Je compte tout ce qui peut se compter, les dents du mouton, les cheveux du marchand de sable, ses taches de rousseur et ses grains de beauté.


¤ Je connais No, sa manière d’être assise, en déséquilibre, ses hésitations et sa pudeur, l »énergie qu’elle dépense pour avoir l’air normal.


¤ On est capable d’envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l’espace, d’identifier un criminel à partir d’un cheveu ou d’une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaine au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d’informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue.


¤ Elle fait des efforts pour tenir debout. Pour tenir assise. Pour tenir tout court.


¤ Le problème c’est les mais, justement, avec les mais on fait jamais rien.


¤ On est capable d’ériger des gratte-ciel de six cents mètres de haut, de construire des hôtels sous-marins et des îles artificielles en forme de palmiers, on est capable d’inventer des matériaux de construction « intelligents » qui absorbent les polluants atmosphériques organiques et inorganiques, on est capable de créer des aspirateurs autonomes et des lampes qui s’allument toutes seules quand on rentre chez soi. On est capable de laisser des gens vivre au bord du périphérique.


¤ Comment ça a commencé, cette différence entre les affiches et la réalité ? Est-ce la vie qui s’est éloignée des affiches ou les affiches qui se sont désolidarisées de la vie ? Depuis quand ? Qu’est-ce qui ne va pas ?


¤ Alors je pense que la violence est là aussi, dans ce geste impossible qui va d’elle a moi, ce geste à jamais suspendu.


¤ J’ai pensé aux effets secondaires de la vie, ceux qui ne sont indiqués dans aucune notice, aucun mode d’emploi. J’ai pensé que la violence était là aussi, j’ai pensé que la violence était partout.

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